Construire un escape game virtuel

Mis à jour : mars 1

Bonjour, ici la nouvelle deuxième voix de ce blog, Alcyone. Je suis moi aussi passionnée par la création interactive et je viendrai vous en parler régulièrement. Fiction hypertextuelle, littérature animée, jeu de rôle, j’ai testé pas mal de formats différents et je continue à en essayer autant que possible. À commencer par les escape games virtuels, un exercice plutôt stimulant !


Créer ce type de jeux demande de prendre en compte un certain nombre d’éléments. Maintenant que vous avez les bases pour vous lancer dans l’aventure, essayons de creuser un peu les ingrédients de l’escape game virtuel.


Des indices, des cadenas, des clés, mais encore ?

(Image : Clockedin dk - Pixabay)


Les énigmes

On pourrait être tenté de dire que c’est la base, mais en fait ce n’est pas si sûr. En tout cas, ce n’est pas forcément par là que je vous conseillerais de commencer, sauf si vous vous sentez vraiment à l’aise avec la conception d’énigmes. Dans ce cas, ou si vous avez déjà un concept très précis d’énigmes en tête, vous pouvez les préparer d’abord puis broder un univers autour.

Dans les autres cas, l’inverse peut vous rendre service : déterminez d’abord le thème de votre escape game, l’univers qui y est mis en scène, et l’histoire dont il rend compte, et déterminez les énigmes en fonction. Si votre jeu se passe dans un vaisseau spatial abandonné, les énigmes suggérées par le contexte ne seront pas les mêmes que dans une crypte médiévale. La création des énigmes me paraît personnellement bien moins intimidante si je sais où elles prendront place et à quoi elles serviront.


Une petite remarque à propos des énigmes : pour être les moins discriminantes possibles, on attend des énigmes qu’elles fassent appel à la logique plus qu’à la culture. Bien sûr, en général, elles allient les deux, mais c’est quelque chose à quoi il faut rester attentif pour éviter de perdre des gens en route. Vous pouvez tout à fait mettre de la documentation à disposition de vos joueurs pour pallier à ce problème.


Le thème

C’est un fait, les escape game ont tendance à se réclamer d’une thématique forte et souvent très stéréotypée : une chasse au trésor avec des pirates, Alice aux pays des merveilles, une sordide affaire de meurtre, un sous-marin… le contexte est souvent marqué et familier. Et c’est logique : les escape games sont à l’origine conçus pour qu’on y passe moins d’une heure, donc s’il faut une demi-heure pour comprendre où on se trouve et démêler les références, quelque chose ne va pas. D’un point de vue créatif, avoir une référence aide bien sûr à se repérer, à ne pas s’éparpiller, et fournit de l’inspiration, mais aussi une opportunité de trouver un twist intéressant : en mélangeant deux univers ou en prenant un élément bien connu d’un univers donné à contre-pied par exemple.


La narration

Une fois que vous avez votre univers, il vous faut un prétexte : pourquoi et comment votre joueur s’est retrouvé là ? Qu’est-ce qu’il cherche ? Ces questions vont fournir la motivation des joueurs comme des personnages, et le sel de votre aventure.

Elles vont aussi déterminer la contrainte qui pèse sur votre joueur. En général il y en a une, et dans un escape game c’est souvent le temps, qui peut prendre différentes

formes : une réserve d’oxygène qui diminue ? Une bombe qui va exploser ? Des ennemis qui approchent ? Tout ce qui peut générer une certaine tension est profitable. Et de préférence, sauf si c’est pertinent dans votre jeu, il est intéressant que votre joueur puisse avoir connaissance du temps qui passe et de celui qui lui reste.


Le temps doit devenir le pire ennemi de vos joueurs

(Image : Aaron Visuals)


L’exploration

La base d’un escape game, en temps normal, c’est de fouiller. Il faut donc accorder au joueur une certaine liberté d’action pour regarder partout, jurer à ses camarades que oui oui il a regardé par-là et se faire insulter un quart d’heure plus tard quand il s’avèrera qu’en fait il n’avait pas bien regardé sous la latte qui grinçait et que c’était là où était cachée la clé de l’énigme depuis le début. C’est important de donner une vraie sensation d’exploration au joueur : d’abord parce qu’on crée un jeu, donc l’interactivité est toujours la bienvenue. Ensuite parce que plus la liberté est grande plus on a de la marge pour se tromper et donc perdre du temps, et donc se mettre en danger, et donc s’investir d’autant plus.

Plusieurs pistes pour ça, comme par exemple : créer une pièce centrale d’où une grande partie des énigmes est accessible plutôt qu’un couloir où l’énigme 1 mène à la 2 qui conduit à la 3 etc.

On peut aussi ajouter des fausses pistes par exemple, pour étoffer l’aventure.


Des portes secrètes à dévoiler, voilà ce qu'on veut

(Image : Stefan Steinbauer)


Les indices

À moins de créer un support qui vous permette de suivre et d’interagir avec vos joueurs en temps réel ou une intelligence artificielle qui saura analyser leur parcours et les guider à votre place, dans un escape game virtuel, vous ne pouvez pas jouer les maîtres du jeu en direct. Mais, sauf si votre concept l’exige, vous n’allez pas laisser vos pauvres joueurs tout seuls avec cette bombe à désamorcer, si ? Pour leur délivrer les indices dont ils ont besoin au moment où ils en ont besoin, il va falloir être prévoyant et les disposer à l’avance. Ensuite libre à vous de décider quand ces indices apparaissent : au bout d’un certain temps, d’un nombre de tentatives données, si le joueur les réclame, de manière aléatoire, il y a plein de possibilités. Dans tous les cas, il faut être capable d’anticiper les points qui ont le plus de chance de poser problème à la majorité des joueurs. Faire tester son jeu reste encore la meilleure manière d’y arriver.


La difficulté

Doser la difficulté de son jeu… c’est justement une difficulté en soi. On a toujours l’impression que notre énigme pourrait être résolue par un enfant de 3 ans ou au contraire qu’il faudrait une armée de docteurs en physique quantique pour la comprendre. Là encore, pas de secret : tester et faire tester aide pas mal à se faire une idée. Et vous restez votre premier curseur : si vous créez une énigme que vous-même ne sauriez pas résoudre, vous faites sûrement fausse route.


Avec cette petite liste en tête, il n'y a plus qu'à se lancer !

(Image : Frederick Medina)

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